Il y a quelques semaines, je travaillais sur le site web de Construire l’Espoir, pour deux formatrices engagées qui œuvrent à transformer l’éco-anxiété en pouvoir d’agir. Leur formation s’adresse aux équipes, associations et enseignants, elle encourage à comprendre et ressentir ce qui se joue dans le corps devant le déni, la peur ou la colère, à repartir avec des leviers d’action concrets. Comprendre, sentir, agir, sortir de la sidération.
Julie et Cécile habitent dans la Drôme. Pendant que nos visios régulières font avancer le projet, à une vingtaine de kilomètres de chez elles, la forêt part en fumée. Tout le monde est choqué. Les incendies se déclarent partout en France, les images de cet été 2026 tournent en boucle sur nos écrans. Partout le vivant suffoque sous la chaleur.
On travaille sur « Construire l’espoir », alors que la réalité nous donne toutes les raisons d’être anxieux, pessimiste, en colère.

Une nuance de vert pendant que le monde brûle
Et pendant ce temps, j’étais là devant mes maquettes, à me demander si le vert du logo tirait trop sur le sapin ou pas assez.
Il y a quelque chose d’absurde à travailler sur des nuances de couleur quand le monde dehors part en fumée.
Mais justement, c’est finalement ça qui m’a permis d’avancer rapidement.
Cécile Petit et Julie Infanti sont deux formatrices de terrain. Comme beaucoup de petites structures qui portent des sujets essentiels, elles doivent prouver leur sérieux devant les partenaires et institutions, sans en avoir ni le budget ni le temps.
Je crois que c’est ça qui me motive parfois, parce que c’est rageant. Que les projets qui comptent vraiment doivent se battre deux fois plus fort pour exister visuellement, pendant que d’autres vendent du vent avec un joli branding. La crédibilité, l’esthétique, la place qu’on occupe dans le regard des institutions, ne devraient pas être un privilège réservé à ceux qui ont déjà les bons réseaux, l’habitude de parler aux financeurs, le temps de s’occuper de leur image.
Quand Cécile et Julie m’ont contactée, j’ai eu envie de mettre toute mon énergie dans ce projet, parce que c’est le genre de structures que j’ai envie de voir mieux outillées, plus structurées, plus visibles. J’ai envie de les voir réussir, se déployer, tisser de beaux réseaux et essaimer partout.
L’identité avant l’interface
On a commencé par leur donner une identité qui leur ressemble vraiment. Un vert profond et un ruban jaune qui traverse les pages pour prouver que le sérieux, la précision, la douceur et la sensibilité peuvent cohabiter, que porter un sujet grave n’oblige pas à être austère.


La fiche de formation comme pièce maîtresse, les modules complémentaires bien mis en valeur
Le vrai morceau du projet, c’était leur page de formation. On a repris les points importants, les freins, les questions que les utilisateurs se posent, pour mettre en valeur et professionnaliser cette page. Objectifs clairs, programme détaillé, template bien complet et Qualiopi-friendly, parce que derrière cette fiche, il y a des cheffes d’entreprises, des enseignant.es, des responsables associatif qui doivent basculer de l’hésitation à l’engagement.
En plus de cette formation phare, les filles proposent des modules complémentaires hyper enrichissants, qu’il fallait vraiment mettre en avant. Biodiversité, gestion des conflits, intelligence collectives et coopération, que des sujets qui me touchent tellement, je vous dis, ce projet m’a mis des étoiles dans les yeux.

Se reconnaître dès l’arrivée
J’ai aussi voulu que chaque visiteur se reconnaisse dès son arrivée sur le site, entreprise, association, enseignant, plutôt que de lui faire deviner en quoi cette formation le concerne derrière une liste de services impersonnelle. Ce chantier continue encore aujourd’hui, mais l’idée de fond est là. Une page dédiée pour chaque profil, pour se sentir accueilli et accompagné individuellement.

Aller vite, pour de vraies raisons
Il fallait faire vite, pour arriver prêtes à la rentrée de septembre, c’était l’objectif. Il y avait aussi cette urgence plus intime de vouloir que ce site existe le plus tôt possible, parce que voir la forêt brûler en boucle et savoir que je travaillais sur un outil qui pouvait aider des structures à transformer l’éco-anxiété en action, ça donnait un poids différent à chaque nuit un peu trop tardive passée sur ce projet.

Retenez-le pour votre structure :
Les structures qui portent des messages importants, sur l’écologie, la santé mentale, le vivant, ont souvent un message plus fort que leur image. Et ce décalage joue contre elles au moment de convaincre des partenaires institutionnels qui ont besoin de rassurance visuelle autant que de fond.
- Investir dans une identité et une interface à la hauteur du message permet d’être pris au sérieux.
- Entrer par le profil du visiteur plutôt que par votre organisation interne fait gagner un temps précieux à des interlocuteurs pressés, qui n’ont pas à deviner en quoi votre offre les concerne.
- La crédibilité institutionnelle se joue autant sur la forme que sur le fond. Un partenaire qui évalue un dossier de financement a besoin de repères visuels sérieux avant même de lire le contenu.
- Une page pilier bien construite convaincra mieux que dix pages moyennes. La fiche de formation est devenue l’élément de conversion du site.
Construire l’Espoir est aujourd’hui un site à la hauteur de ce que Cécile et Julie portent depuis des années sur le terrain. Mais ce qui me reste de ce projet c’est cette conviction que les petites structures qui font un travail essentiel méritent une vraie visibilité.
De l’espoir, on en manque vraiment, en ce moment. Soutenir des projets qui prennent soin du vivant et de la santé mentale, ça compte pour moi. J’accompagne régulièrement des formateurs et formatrices qui portent des sujets exigeants, et qui méritent un site à la hauteur de leur travail. Si c’est votre cas, parlons-en.
